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Ottawa, le 4 novembre 1986
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Avis public CRTC l986-307
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Contenu canadien aux stations MF de musique country
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Dans son avis public CRTC 1984-15 du l8 juin l984 intitulé Examen de la radio - Simplification de la politique M.F., le Conseil a annoncé qu'il avait adopté les recommandations du comité consultatif sur la musique et la radio. Ce comité, formé de représentants des industries de la radiodiffusion et du disque ainsi que du CRTC avait fait des recommandations au sujet des définitions des sous-catégories de musique populaire, des définitions des formules des stations, des lignes directices sur le contenu canadien, de la définition d'une pièce vocale et de la programmation de créations orales.
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Pour ce qui est du contenu canadien, le comité avait indiqué qu'en général, les lignes directrices sur le contenu canadien alors en vigueur ne devraient être ni haussées ni abaissées. La ligne directrice s'appliquant aux stations offrant un service de musique country (stations du groupe III) a donc été maintenue à 30 %.
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Dans l'avis, le Conseil a indiqué qu'un certain nombre de radiodiffuseurs country avait exprimé leur inquiétude au sujet de l'insuffisance de matériel canadien pour conserver le niveau de 30 % pour les stations se spécialisant dans la musique "Urban Country" ou "Contemporary Country". Le Conseil n'était pas prêt à modifier la ligne directrice qui avait découlé du travail du comité, mais il a annoncé qu'il entreprendrait une étude sur la disponibilité de tous les genres de musique country canadienne.
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L'étude du Conseil
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Le personnel du Conseil a entrepris un examen exhaustif de l'industrie de la musique country avec les membres des industries de la radiodiffusion et de la musique. Cette étude, terminée à l'été l985, a été mise à la disposition des participants et d'un certain nombre d'autres parties intéressées de manière qu'ils puissent en évaluer l'exactitude des résultats. Des rajustements y ont par la suite été faits afin de tenir compte des observations des parties intéressées ainsi que des points de vue divergents exprimés en réplique au projet d'étude. Le document définitif intitulée "L'industrie de la musique country au Canada" peut être obtenu auprès des Services d'information du Conseil.
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L'étude se divise en quatre grandes sections. La première fait un bref historique de l'industrie de la musique country en Amérique du Nord, tandis que la deuxième met l'accent sur son histoire au Canada. La troisième section traite de l'industrie telle qu'elle existe actuellement au Canada et la quatrième étudie un certain nombre de propositions de l'industrie.
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Un examen des données de Statistique Canada a révélé une baisse du nombre de disques country et folk canadiens lancés entre l977 et l983. En effet, au cours de cette période, le nombre de 45 tours a chuté de l3l à 82 et celui des microsillons, de l50 à 44. En l984, le nombre de 45 tours a augmenté à l04 et celui des microsillons à 65. De plus, une étude effectuée pour le Conseil conjointement avec son comité consultatif sur la musique de langue française révèle qu'un nombre relativement faible de disques country de langue française canadiens a été lancé (quatre 45 tours et 3 microsillons en l983).
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L'étude conclut qu'en dépit de la baisse du nombre de disques lancés, il y a suffisamment de disques canadiens pour que les stations du groupe III de langue anglaise puissent se conformer à la ligne directrice de 30 %. Toutefois, on y fait observer qu'un fort pourcentage de ce produit a un caractère régional et que les radiodiffuseurs estiment que le produit régional est dans une large mesure de piètre qualité. Ces radiodiffuseurs craignent que le manque de produit canadien ayant un attrait national puisse donner lieu à une programmation de qualité inférieure. On y note que l'industrie a évolué au cours des dernières années, un plus grand nombre d'artistes atteignant une renommée nationale et les Canadiens acquerrant plus d'expertise dans le domaine de la gestion. Toutefois, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour les enregistrements, la promotion et la distribution. Trois sources possibles de financement y sont proposées: les compagnies de disques multinationales, des initiatives comme la FACTOR/CTL et MusicAction et le financement du gouvernement.
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Le Conseil observe que le 26 septembre l986, le Ministre des Communications a annoncé la signature d'une entente avec les FACTOR/CTL/MusicAction/Canada (FCMC) en vertu de laquelle l'organisme gérera un programme quinquennal de l8,5 millions de dollars. Le programme consacrera annuellement jusqu'à 2,55 millions de dollars à la production de disques; 500 000 $ à la production de vidéos, 200 000 $ à des émissions radiophoniques souscrites et 450 000 $ afin d'appuyer les artistes en tournée. En outre, le ministère des Communications gérera 800 000 $ supplémentaires par année pour la musique spécialisée, les disques, la commercialisation et le développement internationaux.
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L'étude et les propositions des radiodiffuseurs
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En réponse à l'étude du Conseil, l'Association canadienne des radiodiffuseurs (l'ACR) a entrepris une étude des stations de musique country MF au cours de l'été l985 (jointe en annexe II). L'étude a révélé que bien que 96 45 tours canadiens ont été reçus en l982, l38 en l983, l52 en l984 et l08 au cours du premier semestre de l985, l9 seulement ont été distribués à la grandeur du pays en l982, 66 en l983, 76 en l984 et 45 au cours du premier semestre de l985. De même, des l5 microsillons canadiens reçus en l982, l0 ont été distribués à l'échelle nationale, ll sur l8 en l983, l2 sur l7 en l984 et 7 sur l0 au cours des six premiers mois de l985. Elle montrait également que seulement 8,4 % de toutes les oeuvres reçues par les stations et considérées comme acceptables pour la formule country étaient admissibles comme canadiennes. On y notait également que, comme il existe relativement peu de supervedettes canadiennes, l'utilisation excessive du matériel canadien pourrait causer la saturation des artistes canadiens.
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L'ACR a donc recommandé que la ligne directrice s'appliquant aux stations MF du groupe III soit réduite de 30 % à l5 % ou 20 %. Elle a également proposé un train de mesures [TRADUCTION] "pour compenser toute perte pouvant résulter de la réduction du contenu canadien ainsi que pour stimuler la croissance de ce secteur de l'industrie de la musique." Seize des 22 stations country MF au Canada on accepté d'appuyer ces initiatives en plus de tout autre engagement déjà mis en oeuvre.
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En vertu de la première mesure, les stations mettraient en commun les ressources financières pour les confier à un souscripteur indépendant chargé de réaliser une émission mensuelle d'une heure ne présentant que de la musique country canadienne. La deuxième mesure prévoirait des messages publicitaires de 30 secondes à chacune des stations au cours des trois premières semaines du lancement d'un nouveau microsillon pour fins de promotion du disque. Dans le cadre de la troisième mesure, toutes les stations participantes offriraient des messages publicitaires de 30 secondes à des artistes canadiens en tournée se produisant dans des clubs de leur ville. De plus, les stations accorderaient au moins une entrevue en studio avec l'artiste ou le groupe.
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La quatrième initiative vise à aider financièrement et à soutenir les artistes country canadiens. Chaque station contribuerait 0,25 % de ses revenus bruts à la FACTOR ou à une coopérative de musique country MF.
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Le Conseil invite le public à formuler des observations sur les propositions soumises par l'ACR et les l6 stations country MF. Les observations doivent être envoyées au Secrétaire général du Conseil le 5 décembre l986 au plus tard.
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Le Secrétaire général Fernand Bélisle
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